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Marcher d'une ville à l'autre : les chemins d'Italie

Depuis le 26 février 2026, l'Italie a une loi nationale sur ses chemins : une définition, une base de données au ministère du Tourisme, des standards de qualité à venir. Entre la Via Francigena, la Via degli Dei et les sentiers de montagne, marcher d'une étape à l'autre devient une façon de voyager à part entière.

Village de pierre dominant une colline boisée, en Ombrie
« À pied, l'Italie ne se traverse pas : elle se lit, étape après étape, au rythme de ceux qui l'habitent. »

Pendant longtemps, marcher en Italie voulait dire randonnée en montagne ou pèlerinage vers Rome. Les chemins existaient, mais chacun avait ses règles, ses sites et ses cartes. Le 26 février 2026, une loi a posé un cadre commun. La question change alors : au lieu de se demander où l'on peut marcher, on peut se demander comment organiser un voyage dont le chemin est le fil conducteur.

Ce que dit la loi du 13 février 2026

La loi n° 24 du 13 février 2026, intitulée « Dispositions pour la promotion et la valorisation des chemins d'Italie », est parue à la Gazzetta Ufficiale le 25 février et est entrée en vigueur le lendemain. Elle définit un chemin comme un itinéraire de portée européenne, nationale ou régionale, parcouru à pied ou par d'autres formes de mobilité douce, et organisé en étapes journalières. Les véhicules à moteur en sont exclus, sauf ceux nécessaires à l'accessibilité des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite. Selon GreenMe, la Chambre des députés avait adopté le texte le 22 janvier 2026 par 243 voix pour et aucune contre.

Concrètement, le texte prévoit une base de données hébergée au ministère du Tourisme, avec une carte numérique des chemins et leurs principales caractéristiques ; le ministère y inscrit les itinéraires conformes et leur attribue la qualification de « chemin d'Italie ». Un décret doit fixer les standards de qualité. La loi crée aussi une instance nationale de pilotage, une table de concertation permanente avec associations et universités, un programme triennal, un rapport annuel au Parlement avant le 31 mai et des campagnes de promotion en Italie et à l'étranger. Côté financement, elle prévoit notamment 1 million d'euros par an dès 2026 pour la promotion. Les montants sont modestes, mais le cadre est posé.

Trois chemins, trois façons de marcher

La Via Francigena est le chemin le plus long et le plus connu. Selon italia.it, son tracé italien mesure environ 945 kilomètres, du col du Grand-Saint-Bernard, en Vallée d'Aoste, jusqu'à Rome, en traversant neuf régions. Personne n'a besoin de la parcourir en entier : on peut en marcher un tronçon, par exemple en Toscane, et revenir plus tard pour le suivant.

La Via degli Dei, entre Bologne et Florence, offre un format plus court. Elle mesure environ 130 kilomètres et se parcourt en cinq étapes, voire quatre, avec une difficulté jugée moyenne par italia.it. La fiche signale que les inondations de mai-juin 2023 en Émilie-Romagne ont endommagé certaines sections, encore en cours de remise en état : il faut donc consulter le site du chemin pour les déviations avant le départ. Il existe plusieurs points d'hébergement et de ravitaillement sur le parcours, mais il est conseillé de réserver à l'avance.

Enfin, côté montagne, le Sentiero Italia du Club alpin italien traverse la péninsule et les îles sur près de 7 000 kilomètres, selon la presse spécialisée. Il s'adresse à des marcheurs expérimentés, mais ses étapes se prêtent aussi à une marche d'un jour ou deux. Ces trois chemins montrent que « marcher en Italie » recouvre des voyages très différents : un pèlerinage, une traversée entre deux villes d'art, une immersion en altitude.

Marcher sans se perdre : ce qu'il faut préparer

Un chemin découpé en étapes journalières suppose de savoir où l'on dort le soir. C'est le point qui demande le plus d'anticipation : les hébergements sont parfois peu nombreux entre deux villages, et il vaut mieux réserver à l'avance, comme le recommande italia.it pour la Via degli Dei. Il faut aussi vérifier l'état des sentiers, car un tronçon peut être fermé ou dévié, et prévoir un plan B en train ou en bus pour rejoindre une étape. Le train, justement, relie souvent le départ et l'arrivée des chemins : c'est ce qui rend possible le voyage sans voiture évoqué dans un précédent article.

Un autre rapport au pays

Marcher, c'est accepter de ne voir que ce que l'on atteint à pied : un village, un col, une auberge. C'est aussi traverser des territoires que le tourisme de masse ignore, et s'y arrêter plus longtemps. La loi de 2026 n'invente pas ces chemins, elle leur donne une visibilité et des règles de qualité. À chacun, ensuite, de choisir son rythme. Les distances et les durées indiquées ici sont des repères tirés de fiches officielles, à confirmer avant de partir.

Sources consultées : loi n° 24 du 13 février 2026 « Disposizioni per la promozione e la valorizzazione dei cammini d'Italia » (Gazzetta Ufficiale n° 46 du 25 février 2026, consultée via Cesvot) ; GreenMe, « Nasce la rete dei Cammini d'Italia » (10 février 2026) ; italia.it, fiche « Via Francigena » (environ 945 km) ; italia.it, fiche « De Bologne à Florence en empruntant la Via degli Dei » ; Trend-online, article sur le Sentiero Italia du CAI. Distances, étapes et état des sentiers sont à vérifier auprès des sites officiels des chemins avant le départ.

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