« Le voyage durable n'est pas un label qu'on ajoute en fin de brochure : c'est une manière d'organiser le séjour. »
Pendant longtemps, le tourisme durable en Italie a ressemblé à une liste de bonnes intentions : quelques agritourismes, un sentier balisé par-ci, une mention écologique par-là. Deux signaux de 2026 invitent à regarder plus sérieusement : une loi, d'abord, qui donne un cadre national aux itinéraires de marche, et une demande des voyageurs qui se précise.
Une loi pour les Cammini
Le Sénat italien a définitivement adopté, début 2026, la loi sur les Cammini d'Italia, c'est-à-dire les chemins de randonnée, de pèlerinage et de découverte qui traversent le pays. Selon la presse spécialisée, le texte prévoit plusieurs mesures : une banque de données nationale des Cammini, placée auprès du ministère du Tourisme, rassemblant des informations certifiées sur les itinéraires, les hébergements et les services ; des standards nationaux de qualité et de sécurité pour l'entretien et la signalisation, avec l'appui du Club alpin italien ; des mesures pour rendre les parcours accessibles aux personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite ; et deux organes de coordination entre l'État, les régions et les experts.
Le texte met aussi en avant la protection des identités locales, y compris les minorités linguistiques et les traditions gastronomiques, et prévoit des ressources dédiées à la promotion, sans que les montants soient précisés dans les articles consultés. Pour qui construit des voyages à pied, c'est une bonne nouvelle : à terme, l'information sur les itinéraires devrait être plus fiable, plus lisible et plus homogène d'une région à l'autre.
Ce que veulent les voyageurs
Côté demande, le Travel and Sustainability Report de Booking.com, dans sa onzième édition, s'appuie sur une enquête auprès de plus de 32 000 voyageurs dans 35 pays. D'après Rivista Mio, qui le commente, une large majorité des répondants juge le tourisme durable important ou très important dans ses choix. Le même article relève que Booking.com a comptabilisé plus de cent millions de nuitées dans des établissements certifiés durables rien qu'en 2025. Ce sont des chiffres de plateforme, à manier avec prudence, mais ils confirment une tendance : la durabilité devient un critère de choix, plus seulement un supplément d'âme.
Comment en parler sans greenwashing
Le risque, avec un sujet à la mode, est de tout repeindre en vert. Quelques repères éditoriaux, qui relèvent de notre lecture et non d'une norme : privilégier les faits vérifiables (un chemin balisé, une structure certifiée, un transport en commun) aux grandes déclarations ; dire ce qu'un séjour change concrètement pour le territoire visité ; et accepter de montrer les compromis, par exemple quand un site fragile suppose de voyager hors saison ou de limiter les étapes.
Les Cammini se prêtent bien à cet exercice, parce qu'ils racontent le voyage lent sans avoir besoin de le justifier : on avance à pied, on s'arrête dans des villages, on dort et on mange sur place. Autant de choix qui répartissent les retombées sur des territoires que les circuits classiques ne touchent pas.
À retenir
La loi sur les Cammini ne transformera pas le tourisme italien du jour au lendemain, et ses effets pratiques dépendront de sa mise en œuvre. Mais elle donne un cadre, et la demande semble au rendez-vous. Le bon réflexe est de construire le voyage durable comme un séjour à part entière, avec ses rythmes et ses étapes, plutôt que comme une option cochée en dernière minute.
Sources : Quality Travel, « L'Italia scommette sul turismo lento : approvata la Legge sui Cammini » (11 février 2026) ; Rivista Mio, « Turismo sostenibile : la vera svolta dell'estate 2026 », qui s'appuie sur le Travel and Sustainability Report de Booking.com (11ᵉ édition, plus de 32 000 voyageurs dans 35 pays).

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